FANNY GALERNE

Doula en Saône et Loire et à distance,
Maman Contact pour l’association Supermamans France

Graine de Merveilles

Le sommeil de l’enfant

Nuits hachées, endormissement compliqué.. Le sommeil de l’enfant est un sujet complexe.

Le sommeil

Sa définition et ses bienfaits

 » État d’une personne qui dort, caractérisé essentiellement par la suspension de la vigilance et le ralentissement de certaines fonctions. » – selon le Dictionnaire Petit Robert

On passe un tiers de notre vie à dormir et celui-ci est totalement vital pour la survie de l’être humain.
Il est étudié depuis longtemps et encore à ce jour, et pourtant certains de ces bienfaits restent toujours mystérieux. En effet, il est essentiel pour de nombreuses fonctions biologiques. Il jouerait un rôle dans la croissance physique, la mémoire, l’entretien et le renforcement du système immunitaire. Il aurait une fonction réparatrice, il permet une meilleure régénération des tissus ainsi qu’une assimilation des évènements de la journée. Les rêves nous permettraient de digérer et d’intégrer les nouveaux apprentissages. D’après Heins Hartmann, « il aurait un rôle sur la capacité à conserver son optimisme, son énergie, sa confiance en soi et l’aptitude à s’adapter affectivement. »

Un processus non linéaire

C’est un phénomène très fragile et non figé.
Effectivement, le sommeil est évolutif.
Déjà au cours de la même nuit, il varie. Et lorsque l’on a mal dormi, le sommeil lent sera par exemple plus profond la nuit d’après. Il se modifie aussi au cours de la vie, le sommeil lent est plus profond pendant la croissance. Au fur et à mesure du temps, celui-ci devient minoritaire et laisse la place à un sommeil lent plus léger. Le sommeil paradoxal est plus long au début de notre vie et diminue à l’âge adulte. Il dépend aussi de l’environnement (climat, lieu de vie/sommeil, profession, rythme de travail..) et de « l’état de la personne » (femme enceinte, âge, santé, état émotionnel…).

Sa quantité nécessaire et sa qualité varie aussi selon les personnes.

L’endormissement

C’est aussi un processus complexe.

Mais l’endormissement et le ré-endormissement sont des phénomènes autonomes qui n’ont pas besoin de « s’apprendre ». Ils ont surtout besoin d’être accompagnés. On n’endort donc pas un bébé. Nous somme là pour l’accompagne afin qu’il s’endorme sereinement.
Il est possible bien sûr de favoriser « ce phénomène » en aménageant l’environnement et en rendant l’atmosphère propice à un bon endormissement, par l’instauration d’un rituel par exemple.

On peut donc accompagner son bébé dans la période qui précède l’endormissement, pour lui permettre de lâcher prise plus facilement, de s’apaiser plus facilement. Et donc lui permettre d’accéder plus facilement à cette phase d’endormissement. 

Vous comprenez donc que l’adulte et l’enfant n’ont pas du tout le même rythme de sommeil. Et oui, Bébé n’a pas à faire NOS nuits.

Rythme du sommeil de l’adulte

L’adulte a un cycle de sommeil de 90 minutes en moyenne. Et a des nuits de 8h, dans lesquelles il y a 4 à 6 cycles avec des micro-réveils non mémorisés la plupart du temps.
Il est constitué de 2 étapes :
Sommeil calme ou lent (60 à 70min) avec 4 phases : l’endormissement (si on le loupe, on repart pour un cycle !), le sommeil lent léger, le sommeil lent moyen, le sommeil lent profond

Sommeil paradoxal (20 à 25min) = rêves

Rythme du sommeil de l’enfant

Je vais ici donner des « âges ». Mais lorsque l’on parle de développement de l’enfant, les repères d’âges ne sont pas à prendre à la lettre ! Chaque enfant est différent et se développera à son rythme.
Ce sont des grandes lignes pour vous donner une idée

Le foetus

Saviez-vous que le sommeil commence in-utéro et qu’il évolue en fonction de l’âge gestationnel ?
En effet, le bébé « sait » déjà dormir. Son rythme de sommeil est totalement indépendant de celui de sa mère.
Le foetus a des cycles de repos et d’activités. Ses besoins et compétences sont les mêmes avant et après sa naissance.
Ce n’est pas la faim qui réveille le bébé (elle apparaît après le réveil par des réflexes archaïques alimentaires comme le fouissement, la succion, déglutition..), mais la fin d’un cycle. Cela s’explique aussi par le fait que dans le ventre de sa mère, le foetus se nourrit dès qu’il le veut, même quand il dort.
Ce qui permet au bébé d’enchainer les cycles de sommeil c’est la maturation de son cerveau et non pas la quantité de nourriture ou les calories. Et cette maturité dépend de plusieurs choses : le terme, sa naissance, la sécurité affective de l’enfant, l’environnement..

De 0 à 2 mois

Cycle de 40 à 60 min, 3 à 4 cycles d’enchainement de 3 à 4h sur 24h. Il a besoin de dormir entre 16 et 20h.

Les différentes phases d’un cycle :
Sommeil agité (20 à 30min) : une intervention trop rapide de l’adulte à ce moment-là, peut empêcher le sommeil de s’enclencher ⇢ le nouveau-né s’endort directement en sommeil agité.
Sommeil calme (20-25min). Sommeil bi-phasique, pas de différence entre le jour et la nuit, répartit tout au long de la journée.

3 phases d’éveil différentes : éveil somnolent, calme et interactif puis agité.

De 2 à 4 mois

Cycle de 70 minutes environ.

C’est vers 2 mois que commence l’endormissement. Bébé doit lâcher prise et « tomber » dans le sommeil. C’est généralement à ce moment que les problèmes de l’endormissement peuvent apparaître. D’où l’importance de l’accompagner, de le rassurer par des habitudes, rituels.

De 4 à 7 mois

C’est la période où le sommeil évolue le plus.
Le bébé commence à faire la différence entre le jour et la nuit.

Il acquiert presque toutes les phases de l’adulte mais si les limites de l’endormissement sont dépassées, les réveils risquent d’être plus nombreux. C’est une période de transition, il apprend à gérer les nouvelles phases en acquisition, en plus des changements de sa vie.

Les différentes phases d’un cycle (de 2 à 6/7 mois) :
✦ Endormissement
✧ Sommeil paradoxal
✦ Sommeil lent
✧ Sommeil profond

Entre 8 mois et 3 ans

Cycle de 70 minutes environ.

Cette période correspond à une étape de maturation du sommeil pour se rapprocher de celui de l’adulte.
Elle correspond aussi au moment où il surmonte les angoisses de séparation, les poussées dentaires, le contrôle des sphincters, l’acquisition de la marche..


Les différentes phases d’un cycle :
✦ Endormissement
✧ Sommeil lent
✦ Sommeil profond
✧ Sommeil paradoxal

La sieste

Elle a un rôle sur l’humeur et le moral de l’enfant ainsi que sur son équilibre émotionnel.

Fréquence des siestes (en moyenne, cela peut différer en fonction des enfants) :

0 à 3 mois: 4 à 6 périodes de sommeil dans la journée, pas d’éveil de plus de 2h consécutives.

4 à 7 mois : 1 le matin, 1 en début et 1 en fin d’après-midi

8 à 16 mois : 1 matin et 1 après-midi

A partir de 18 mois jusqu’à 3 ans : sieste en début d’après-midi

Les « troubles du sommeil »

Ce n’est pas parce que votre bébé se réveille la nuit qu’il a des troubles du sommeil !

Il ne faut pas les confondre avec les réveils normaux. D’ailleurs, beaucoup de bébés se réveillent entre les cycles sans appeler leurs parents.

Lorsque ce ne sont pas des « réveils » de fin de cycle, selon l’âge de l’enfant, les causes peuvent être:

✬ Physiologiques : le besoin de manger, le risque d’hypoglycémie, le besoin de contact, pour favoriser la vigilance de la personne qui s’occupe de lui, la mémoire archaïque qui fait qu’il a besoin de rester vigilant en cas de danger, le besoin de soins…

✯ Médicales

✬ Liés à des périodes favorables à l’anxiété

✯ Le cauchemar

✬ La terreur nocturne

💡 Quand bébé dort ailleurs qu’à la maison et sans sa maman, il arrive qu’il se « réveille » (on parle ici de réveils où il appellerait l’adulte) moins de fois voire pas du tout. Cela lui demande un gros effort pour s’apaiser seul. C’est pourquoi, il est possible qu’il se réveille bien plus souvent les nuits qui suivront lorsqu’il aura retrouvé sa figure d’attachement (maman) = on peut appeler ça un rattrapage pour retrouver sa sécurité affective et être sûr que maman est bien là.

💡 Etre attentif aux premiers signes d’éveil pour nourrir bébé les premières semaines : ne pas forcément attendre qu’il pleure car si on ne répond à ses besoins que lorsqu’il pleure, il finira par en déduire qu’il n’y a que comme ça qu’il obtient une réponse de la part de l’adulte.

Pourquoi vous ne trouverez pas de « recette miracle » dans vos séances avec moi ?

Les difficultés d’endormissement ou les multiples réveils de bébé entrainant beaucoup de fatigue, on a souvent envie d’une « méthode miracle » qui agira tout de suite.

Hors la méthode parfaite qui fera dormir votre enfant et qui par conséquent vous donnera une bonne qualité de sommeil, n’est pas celle qui s’exerce en 5 minutes et qui peut s’attribuer à chaque enfant. La méthode parfaite clé en mains n’existe pas !

D’une part, comme je l’ai déjà dit, chaque enfant est différent et souvent ces « méthodes » sont perçues par le bébé ou l’enfant comme des punitions.
Souvent, elles demandent de laisser l’enfant pleurer seul longtemps, de l’ignorer ou bien de lui promettre que l’on reviendra que s’il est couché par exemple. Et malheureusement, cela n’aide absolument pas l’enfant à dormir ni l’adulte à comprendre la cause de ce possible « trouble ». Par contre, on lui apprend que ses besoins ne méritent pas d’être satisfaits et qu’il devra se débrouiller tout seul pour se rassurer. Cela peut donc entrainer de la perte d’estime de soi.

Pleurs extrêmes et répétés = impact sur le cerveau et les hormones

Il faut aussi savoir que des pleurs extrêmes, qui durent et se répètent, perturbent la sécrétion de certaines hormones.

En effet, ils entrainent une grosse production de sérotonine (hormone du bien-être) par le cerveau. Et ceci, perturbe la production normale de cette hormone lorsque l’enfant est calme. A terme, le niveau de sérotonine sera trop bas et pourra amener des comportements violents, agressifs…

Des pleurs extrêmes vont aussi entraîner un niveau de cortisol (hormone du stress) trop haut qui aujourd’hui on le sait, a un impact irréversible sur le cerveau.

Ce cocktail de surproduction de ces deux hormones, amènera le bébé à être toujours en état d’alerte, à être hyper vigilant tout le temps. Et cela a des conséquences sur le long terme, chez l’enfant et à l’âge adulte.
Evidemment, nous parlons ici de pleurs extrêmes, répétés de nombreuses fois et restés sans réponse de la part d’un adulte. Le but n’est pas de se culpabiliser si à un moment donné, on ne peut pas (pour une quelconque raison) répondre aux pleurs de son bébé. Et si nous ne nous sentons pas d’accompagner le bébé dans ses émotions à ce moment, ce n’est pas grave, c’est OK, nous sommes humains.

💡 Un bébé qui pleure, est un bébé qui a besoin d’exprimer ce qu’il ressent (n’oublions pas qu’il n’a pas la parole pour se faire comprendre !). Notre rôle d’adulte à ce moment-là est de l’accompagner dans ce moment, de lui dire qu’il peut pleurer, qu’on l’entend et qu’il a le droit de s’exprimer, de dire ce qu’il ressent. C’est important qu’il se sente libre de ressentir ses émotions et de les exprimer, même si l’adulte ne les comprend pas 😉

Dans les séances de conseils sur le sommeil de l’enfant, je suis là pour vous soutenir et vous accompagner dans votre rôle de parent.
Le but de nos rencontres ne sera pas d’essayer de faire dormir bébé, mais bien de comprendre pourquoi il a du mal à s’endormir ou se réveille.
Je n’ai pas donc pas de baguette magique, mais à l’aide de différents outils et pistes, je pourrais vous aider et vous accompagner dans la mise en place de rythmes dans le respect de chacun et donc à améliorer les nuits et la qualité du sommeil de toute la famille.

A bientôt,

✨ Fanny

SOURCES

La formation Comprendre et accompagner le sommeil de l’enfant de Mandy Roman

L’INSERM

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